A.A.E.P.G. LA GOUESNIÈRE

A.A.E.P.G. LA GOUESNIÈRE

Le château

   Bonaban fut le siège d'une seigneurie importante fondée par les Bonabes de Rougé au XIIe siècle, qui passa par héritage à la maison de Maure vers 1270 (Mariage de Raymonde de Bonaban avec Jean II, sire de Maure).
Simple baronnie s'étendant sur quinze paroisses, la seigneurie érigée en comté en 1553 avait droit de haute, moyenne et basse justice ; elle rendait aveu au marquisat de Châteauneuf.
Aussi, le seigneur de Bonaban devait, le 1er jour d'août de chaque année, donner au marquis de Châteauneuf, son suzerain, un épervier dressé avec longes et sonnettes d'argent ainsi qu'une barrique de vin.
 

   Anecdote : Dans son testament daté de Pâques 1417, Pierre, seigneur de Maure et de Bonaban, ordonna que le jour de son enterrement , treize torches fussent portées par autant de mendiants en noir et qu'il fut versé cinq deniers à tous les pauvres présents.
 

   La seigneurie va appartenir ensuite aux de Guiny de la Garoulaye (1560), Pépin du Bignon (1664), de Courtavel, de Pèze et de Vassé.
 

   Info : le gisant de Charles de Guiny, seigneur de Bonaban, (y né le 20 août 1621), se trouve dans la chapelle Notre-Dame des Neiges à Kerbors (22)

 

 

   Le château de cette époque possédait un corps de bâtiment de 72 pieds de longueur avec une autre construction à l'ouest et un pavillon à l'est, flanqué de deux tourelles aux angles nord-est et sud-est. Au nord s'étendait une cour haute et une cour basse, réunies par un perron de 13 marches ; la cour basse avait un portail et deux pavillons avec un pont-levis. Le manoir était entouré de douves. A côté se trouvait le colombier, et à ses pieds s'étendaient de beaux étangs.



   En 1666, Louis XIV autorise le nouveau seigneur François Pépin (qui vient aussi d'acheter La Cour) à réunir les deux seigneuries qui deviennent châtellenie dès 1667.

   Légende : dans l'une des pièces du sous-sol où « l'on ne rentre jamais » il y a une tombe ... Cette sépulture serait celle d'une jeune fille qui mourut mystérieusement « bien longtemps avant que la propriété appartint aux Le Fer ».

   Guillaume Le Fer, sieur de la Saudre, armateur malouin, se rend acquéreur du vieux château en 1754. A sa mort, le 08.12.1763 c'est son frère, François- Guillaume Le Fer qui en hérite et qui fait construire le château actuel.


   La 1ère pierre est placée le 03 juin 1776 et la bénédiction est faite un an plus tard, le 07 juin 1777.

La nouvelle demeure fait 40 m de long sur 14,50 m de large. Orné de beaux jardins et de parterres, le château est flanqué d'une tour à chaque angle et d'un avant-corps en pierre de taille de granite à fronton au milieu de la façade. On accède au château du côté nord par un perron à double rampe, et de l'autre côté par un perron carré de quatre marches en pierre de taille.

 

   Le nouveau châtelain ne lésina pas sur la qualité des matériaux puisque l'escalier d'honneur est en marbre de Carrare (région d'Italie) et orné d'une magnifique rampe en fer forgé. Le château va aussi être décoré de tapisseries des Gobelins et d'Aubusson.

Dans ses « Mémoires d'Outre-Tombe » (chapitre 5, livre 5), Chateaubriand écrit «  Bonabant, château de M. de Lasaudre, est en partie de marbre apporté de Gênes, magnificence dont nous n'avons pas même l'idée à Paris ...».

 

   En 1791, Mme LE FER est assiégée dans son château et se réfugie à St Malo. Soutenue par la population et les élus, elle reviendra à Bonaban...

 

   Sous la Révolution, le château fut réquisitionné et les troupes y commirent des dégradations : les superbes tapisseries des Gobelins et d'Aubusson servirent de couvertures aux soldats, le mobilier fut dispersé, les objets métalliques réquisitionnés et la grande salle transformée en séchoir à tabac...
 

   Propriété de Pierre Level en 1800, le château est vendu en 1842 au comte Henry de Kergariou (1806/1878) puis sera, par succession, propriété de son fils Christian (1841/1905) et de son petit-fils Alain (1882/1920).

   Les de KERGARIOU vont tour à tour apporter des modifications ou décors qui subsistent – pour partie – encore aujourd'hui :
- les
armoiries que l'on peut encore voir sur le fronton ;

- des
tableaux de Louis Bombled (fables de La Fontaine) vont orner l'escalier en 1881 ;
-
la chapelle placée dans la tourelle nord-ouest en 1891 est une reproduction de l'oratoire de Blois dédiée à la bienheureuse (canonisée en 1920) Marguerite-Marie Alacoque (1647/1690), religieuse de l'Ordre de la Visitation.
Trois statues de la vierge : 1) au turban ; 2) au livre ; 3) à l'épée (copies de statues découvertes dans les décombres d'une ancienne basilique d'Italie) trônent dans le choeur ;  


   Le château sera occupé par les anciens combattants français pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 1954 il est acheté par la compagnie Saint-Gobain pour qu'y soit installé un centre de colonies de vacances. Dans les années 70, il est propriété de l'A.P.A.S., également pour des colonies.
Racheté en 1995, il est devenu un hôtel-restaurant !
 

   La Basse-Cour est le nom donné à l'habitation du fermier du châtelain et borde l'étang

 

où plusieurs personnes ont perdu la vie dont Emile Hamoniaux le 08 juin 1909 (ouvrier du comte et accompagné de François Perrin et de Lhôte, il décide de se baigner et meurt frappé d'hydrocution).

   L'avenue fait 650 m de longueur ; il s'agit d'un remblai élevé à la construction du château moderne pour créer une entrée majestueuse...



   La grille

Jusqu'aux années « 50 » l'entrée de la propriété était close par une monumentale grille en fer forgé sommée des armoiries de Kergariou. Cette grille qui fut placée par la suite à l'entrée du Bois-Renou avait appartenu au duc d'Aiguillon, ancien ministre de Louis XV et Gouverneur de la Bretagne. Aujourd'hui elle se trouve à l'entrée du château des Ormes à Epiniac.

Sur les piliers de la grille actuelle sont placées des pommes de pin semblant très anciennes... S'agit-il là d'un des vestiges du dernier château fort découvert dans les dépendances ? C'est fort probable, puisque la pomme de pin était le symbole de la famille PÉPIN (seigneurs de 1664 à 1679). 
 

 


sources : "La Gouesnière et Bonaban" de Jh Viel ; site www.patrimoine.region-bretagne.fr ; "Le Clos Poulet, ses chapelles ..." d'Amand Dagnet ; Journal "Ouest-Éclair" ;
photos : 1 à 4, L.P. ; 5, Nolwenn ; 6, René ; 7, J.F .

carte postale : collection L.P.
  



21/09/2012
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