A.A.E.P.G. LA GOUESNIÈRE

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Centenaire de la naissance de Joseph Pécro, Compagnon de la Libération


    La cérémonie célébrant le centenaire de la naissance de Joseph Pécro s'est tenue le 20 avril 2018 à La Gouesnière en présence des autorités civiles et militaires, de la population locale et des élèves des deux écoles communales.

     Jean-Paul Aubry, président de l'Amicale a lu le discours ci-dessous, transmis par le général Baptiste, Délégué national de l'Ordre de la Libération, qui, empêché n'a pu venir.  


Mesdames et messieurs,

Dans ses Mémoires de Guerre le général de Gaulle évoque par les mots suivants sa situation au mois de juin 1940 : "Quant à moi, qui prétendais gravir une pareille pente, je n'étais rien, au départ. A mes côtés, pas l'ombre d'une force, ni d'une organisation. En France, aucun répondant et aucune notoriété. A l'étranger, ni crédit, ni justification. Mais ce dénuement même me traçait ma ligne de conduite."

Seul ? Il ne l’était pas tout à fait car quelques français, une poignée, trop peu à l’évidence, le ralliaient dès juin, refusant cet armistice, refusant la notion de défaite et adhérant à l’appel du 18 juin du général, en particulier à l’extrait suivant : « Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! […] Quoi qu'il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ».

Et monsieur Joseph PÉCRO, que la commune de La Gouesnière honore en ce jour, a fait partie de ces quelques-uns qui, dès juin 1940, ont pris la décision de tout quitter, de tout risquer, de tout perdre pour se lancer dans une aventure dont on ignorait en 1940 quel serait son aboutissement.

En effet Joseph PÉCRO, né à Longuenesse (62) mais ayant passé sa jeunesse au sein de sa famille d’adoption à La Gouesnière est appelé sous les drapeaux en 1938. Volontaire pour servir en Syrie, il refuse l’idée de la défaite et avec 350 de ses camarades, il rejoint les forces françaises Libres pour servir au sein du 1er bataillon d’Infanterie de Marine.

Il prend part aux opérations de Syrie puis participera à l’épopée de la France Libre au sein de la 1ère division de la France Libre (1ère DFL) à Bir-Hakeim, El Alamein et dans les combats de Libye, de Tunisie, de la campagne d’Italie ainsi que dans les combats pour Libérer la France. Pendant ces cinq années de combat, il est décrit comme un chef de groupe agissant avec audace et énergie et inculquant son sang-froid et sa détermination à tous ses hommes.

Il tombera au combat, à la tête de ses hommes, le 10 avril 1945.

Le général de Gaulle, en créant l’Ordre de la Libération par l’Ordonnance du 16 novembre 1940, a voulu récompenser « les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de la libération de la France et de son Empire ».

Pour être nommé Compagnon de la Libération, il fallait satisfaire à des critères très stricts qui se sont peu à peu imposés, prenant en compte l’engagement précoce dans la France libre ou la Résistance, des conditions de ralliement difficiles, la prise de risque et une somme d’actions marquantes et répétées souvent sanctionnées par la mort, en effet, près d’un tiers des Compagnons tomberont au combat.

Ils ne seront, du fait de cette sélection drastique, que 1038 à être faits « Compagnon » et à faire partie, selon les mots du général, de cette « chevalerie exceptionnelle créée au moment le plus grave de l'histoire de France ».

Et Joseph PÉCRO, pour ses services « hors pair » est entré dans cette aristocratie de la France de l’honneur en étant nommé Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945.

Et, il est important de le rappeler, les Compagnons de la Libération symbolisent le fait, que des françaises et des français, et souvent très jeunes, aux heures les plus sombres de notre histoire, guidés par le sens de l'honneur et du devoir, ont fait preuve d’abnégation, d'héroïsme et de sacrifice dans la lutte qu'ils menèrent pour redonner à notre Patrie sa liberté, son indépendance et son honneur.

L’Ordre de la Libération exprime sa reconnaissance à la municipalité de La Gouesnière, au major Aubry ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui ont voulu et fait en sorte que cet hommage puisse trouver concrétisation.

Car comme le dira le Général de Gaulle : "Le souvenir ce n'est pas seulement un pieux hommage rendu aux Morts, c'est aussi un ferment toujours présent dans les actions des vivants".

Et cette pensée est plus que jamais d’actualité à un moment où des actes de guerre sont revenus sur notre sol. Le terrorisme nous impose, en effet, une guerre d’usure, c’est un défi à notre volonté collective et individuelle de défendre, sur la durée, la société et les valeurs dans lesquelles nous croyons.

Cette guerre, n’en doutons pas, sera longue et insidieuse et elle est nous oblige à nous déterminer : quels engagements collectifs et individuels sommes-nous prêts à consentir et quel prix sommes-nous prêts à payer, pour vaincre ce terrorisme défiant nos démocraties ?

Et, bien évidemment, l’engagement des Compagnons de la Libération et de tous les enfants du pays qui se sont levés, opposés, battus et sacrifiés, doit guider et conduire notre réflexion actuelle car leurs exemples démontrent qu’aux heures graves, tout citoyen est placé devant une alternative, le choix entre un destin imposé, la soumission et un destin choisi, la Résistance.

L’Ordre de la Libération est persuadé que l’exemple de l’engagement de Joseph PÉCRO sera source d’inspiration pour nos jeunes compatriotes de votre commune et de votre région.

Je remercie le major Aubry d’avoir bien voulu lire ce message.

 

Général Christian Baptiste

Délégué national de l’Ordre de la Libération.



29/04/2018
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